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Avant-propos

Emmanuel Bouju, directeur

Published onSep 20, 2023
Avant-propos
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Avant-propos

Emmanuel Bouju

On ne se met pas devant une turbine
pour l’inonder d’huile à machine.
On en verse quelques gouttes sur des rivets
et des joints cachés qu’il faut connaître.

~ Walter Benjamin1

Ce volume de Nouveaux fragments d’un discours théorique a pour origine le choix de réunir une série d’articles inspirés, à plus ou moins grande distance, des conférences prononcées par des chercheur·euses renommé·es dans le cadre d’un cycle intitulé « Représentation de la littérature : vocabulaires et modèles » – cycle dont j’ai eu la charge au sein des activités du Groupe phi (Groupe de poétique historique et comparée), durant les quinze premières années de notre siècle. Plutôt que de reprendre simplement le texte de ces conférences, pour certaines déjà anciennes, j’avais alors préféré demander à chaque auteur·ice de proposer des pistes inédites de réflexion en matière de théorie de la littérature, à partir du choix d’un élément de vocabulaire, éprouvé ou inventé. Ainsi s’était constitué le volume princeps des Fragments, publié en 2015 aux Éditions Nouvelles Cécile Defaut. Alors que ces éditions n’existent malheureusement plus, il m’a semblé utile de concevoir pour Codicille un nouveau volume, en augmentant le premier d’une série de contributions inédites. Cet avant-propos reprend ainsi sa forme initiale, tout en intégrant ces nouvelles données.

Comme échappés d’un dictionnaire de théorie littéraire qui n’existerait pas encore, ces articles contribuent ainsi à ouvrir des pistes nouvelles ou permettent de mieux arpenter celles qui existent déjà.

Le principe est clair, mais il nous laisse dans une certaine incertitude quant à la définition même de l’objet textuel auquel il aboutit : parlera-t-on d’un vocabulaire, d’un glossaire, d’un lexique, d’une terminologie, d’un dictionnaire, d’une encyclopédie ?

Ce livre n’a rien de la systématicité et de l’universalité de l’encyclopédie. Il n’a pas le souci d’objectivité d’un dictionnaire. Il prétend être utile sans pour autant postuler l’unité théorique d’une terminologie ni la spécificité technique d’un vocabulaire. Il n’a pas la singularité lexicale ni la rareté définitoire du glossaire. On dira plutôt qu’il est l’abécédaire lacunaire d’une pensée ouverte, multiple et partageable du littéraire. Ou qu’il est une sorte de lexique erratique, organisant en ordre alphabétique les fragments d’un discours théorique qui cherche à exposer de façon neuve ce que la littérature offre, en propre et en commun, à notre horizon de pensée.

Il s’agissait en tout cas d’éviter le risque encouru par certains glossaires ultraspécialisés et que signalait déjà, en 1979, Marc Angenot lorsqu’il affichait en épigraphe de son Glossaire pratique de la critique contemporaine2 cet excellent extrait du Traité des tropes de César Chesneau Du Marsais : « De là les noms de mimèsis, apophasis, cataphasis, astéismus, myctérismus, diasyrmus, sarcasmus, et autres pareils, qu’on ne trouve guère que dans les ouvrages de ceux qui les ont inventés. » Ainsi les termes choisis dans le vocabulaire de ce nouveau lexique peuvent-ils être généraux et anciens (comme énergie, plainte, vie) ou nouveaux et spécifiques (comme épimodernisme, illittéraire, autothéorie) – mais sans jamais rien de véritablement néologique : ils visent plutôt des façons neuves de penser les mots de la littérature, et par là même d’en disposer les matières, comme disait Blaise Pascal (ou Guy Debord citant Pascal3). Même des termes comme texte ou temporalité méritent ainsi d’être réexaminés, comme on le ferait sur le conseil de Roland Barthes, pour qui « le refus des intimidations de langage consiste, modestement, à dériver à l’intérieur de mots connus (sans trop s’inquiéter s’ils sont démodés)4 ».

J’écris : mots ou termes, plutôt que notions ou concepts. On a pourtant souvent affaire, dans ces articles, non seulement à des « catégorèmes » utiles à l’appréhension notionnelle des phénomènes littéraires, mais à de véritables « concepts » – singuliers génériques, utilisés en construction absolue (comme le souligne par exemple Anne Emmanuelle Berger sur le mot, si sensible aujourd’hui, de genre) et construits par la pensée contemporaine (intersectionnalité, posthumain, indiscipline). Mais en ayant précisément affaire à cette pensée qui transforme, parfois trop facilement, les mots en concepts, les articles ici réunis préfèrent revenir le plus souvent à la ductilité d’usage et aux potentialités inemployées de ces mots – sans pour autant vouloir tout à fait déconstruire les traditions conceptuelles ni les terminologies conventionnelles auxquelles ils se rattachent.

Aussi bien s’agit-il de faire voir ce que l’usage de ces mots recouvre ou peut recouvrir comme pratiques notionnelles vives, dans l’appréhension de la littérature. Comme le faisait remarquer déjà à juste titre Marc Angenot, l’important est la mobilité, la dynamique de ces pratiques, leurs contradictions et leurs tensions, et non l’illusoire fixité terminologique qu’un lexique ou un glossaire pourrait risquer de susciter. Et en effet, une théorie vivante de la littérature, comme celle qui anime cet ouvrage, s’occupe d’abord « des migrations, des transpositions, des captations5 » contemporaines des mots de la littérature ou de sa pensée. Elle suit les échappées de cette pensée, pour faire de chaque article une piste à suivre.

Et de fait, ces pistes, plus ou moins civiles ou sauvages, traversent la littérature à la fois comme champ notionnel et comme espace d’interprétation – selon le sain principe évoqué par Giorgio Agamben, à la suite de Walter Benjamin, pour lequel « la théorie ne peut être exposée légitimement que sous la forme de l’interprétation6 ». On y retrouve entre autres Honoré de Balzac, Marcel Proust, Herman Melville… et aussi, souvent, signe des temps actuels, Roberto Bolaño. On y pratique une théorie en acte, sous toutes les formes possibles (ou presque) ; voire une théorie qui accompagne étroitement l’acte de création (comme chez Gwenaëlle Aubry, Tiphaine Samoyault ou Philippe Forest – d’ailleurs unis par la préférence accordée à la « reprise » sur le « ressouvenir ») ; ou, encore autrement, une théorie qui se veut créatrice de la forme même de son discours (comme chez Myriam Suchet, Jérôme David ou Franc Schuerewegen).

Car « le matériel, on peut se le procurer comme on veut, sans compromettre la rigueur intellectuelle ; le travail créateur consiste en son utilisation, en la combinaison des sphères, en le pressentiment de la cohésion », disait Karl Kraus dans l’un de ses aphorismes7. Aussi aura-t-on parfois affaire ici à une théorie à la limite de la théorie. À une théorie comme forme de vie, pour les lecteurs que nous sommes8.

On ne manquera sans doute pas d’accuser cette ductilité de réflexion et cette diversité d’engagements en les taxant d’éclectisme et en regrettant qu’un nouveau lexique de théorie littéraire ne soit pas le fruit d’une pensée unifiée. Mais c’est une position de principe d’une recherche collective dont cet ouvrage est l’un des fruits : conjoindre et faire dialoguer ensemble les pensées les plus différentes sur la littérature ; refuser qu’elles s’excluent par principe les unes les autres – non par naïveté ni angélisme, mais par simple souci d’une transmission ouverte de la recherche contemporaine. On s’y inspire de cette phrase de Foucault :

À un même ensemble de difficultés plusieurs réponses peuvent être données. Et la plupart du temps, des réponses diverses sont effectivement proposées. Or ce qu’il faut comprendre, c’est ce qui les rend simultanément possibles ; c’est le point où s’enracine leur simultanéité ; c’est le sol qui peut les nourrir les unes et les autres, dans leur diversité et en dépit parfois de leurs contradictions9.

Alors certes, on y serre (et sert) des gloses disparates, frappées à l’évidence des subjectivités de chercheurs et de leur singularité stylistique. Et l’on n’y trouvera pas des réponses « toutes cuites » comme aurait dit Nathalie Sarraute. Ou Gilles Deleuze : « Les trucs tout faits, oh là là ! les catastrophes ! Bon10. » Mais précisément, comme disait (plus sérieusement) Deleuze lui-même – qui préférait penser en philosophie la différence des problèmes plutôt que des solutions –, ce qui importe, c’est le chronotope de la pensée, l’espace-temps dans lequel (ou sur lequel) la pensée s’établit, avec les problèmes qu’elle définit et les mots qu’elle leur assigne. Eh bien disons que ce lexique, en définissant, par quelques mots, certains des « problèmes » contemporains de la littérature, est aussi l’indice de notre chronotope.

De fait, la liste des termes proposés fait d’emblée apparaître quelques phénomènes significatifs, en conduisant d’autothéorie à vie, ou en proposant de faire, aussi bien de la plainte que de l’énergie, de la mondialité que de la lecture située, des mots-clés pour la littérature. Pas de « fin » ni d’« épuisement » ici : on est bien plutôt du côté, inchoatif et contractuel, de la génétique sociale et de la transitionnalité, de l’engagement et du fiduciaire. On y pratique l’indiscipline et l’inadaptation. On use de prisme et d’opérateur axiologique. On configure des populations fictionnelles. On conjoint médiévalisme et posthumanisme. Même l’épigonalité et le style tardif y apparaissent comme le revers apparent d’une puissance secrète de création et d’autorité, associée aux notions originales d’épimodernisme ou d’illittéraire. La littérature a trait à l’expérience et à sa reprise, en surface et en profondeur : à l’immersion, à l’esthétique conçue comme noétique, à la survie, même. Dans cette expérience, des notions a priori bien établies comme celles de texte, de temporalité ou de genre en viennent à être réexaminées.

En ce sens, ces « notices » le sont au sens fort du terme : ce sont des quasi-déclarations de foi en un certain acte de connaissance, en une certaine façon de poser et de penser le problème de la littérature, et le problème de sa théorie. Chaque article engage son auteur, parfois assez ouvertement, en même temps qu’il illustre une sensibilité contemporaine et la forme d’écriture qui lui est associée et dont le lecteur ou la lectrice peut se sentir plus proche ou plus éloigné·e.

On aura une première idée de ce fait en prenant connaissance des résumés proposés par chacun·e. Plutôt que de les reprendre à ma manière en les homogénéisant et en en faussant la singularité, je préfère les livrer ici en guise d’introduction à la lecture de l’ouvrage, dans la forme même que leur ont donnée leurs auteur·ices. C’est une façon de signaler, pour achever cet avant-propos, combien ces « nouveaux éléments de lexique littéraire » tiennent à la personnalité et au style des chercheur·euses qui ont accepté d’y participer, autant qu’à l’importance des notions examinées.

Joëlle Papillon (sur l’autothéorie)

Dans sa présentation de l’autothéorie – la pratique d’enchevêtrement du personnel et du théorique –, Joëlle Papillon s’appuie sur deux principes féministes : (1) le privé est politique ; (2) la connaissance est située. Pour Papillon, l’autothéorie est un outil d’anti-oppression mobilisé par les auteurs.rices en situation de marginalisation qui s’affirment experts.es des situations dont iels font l’expérience. Papillon identifie par ailleurs un fort élan autothéorique dans la littérature autochtone, champ dans lequel nombre d’auteurs.rices ne considèrent pas l’histoire personnelle et la théorie comme distinctes. Ces auteurs.rices revendiquent en outre une « souveraineté théorique », qui s’appuie sur le principe que les théories endogènes sont les outils les plus pertinents pour analyser les productions artistiques des Premières Nations, faisant apparaître les enjeux politiques de la théorie. 

René Audet (sur la diffraction)

Alors que les diverses approches de la littérature contemporaine ont tenté de justifier certains procédés d’écriture ou des expérimentations sur la textualité des œuvres en fonction de critères idéologiques ou typologiques (postmodernité, mouvances liées à l’Histoire, au retour du récit ou à la complexité), la notion de diffraction se présente comme une perspective d’ordre poétique de prise en charge de ces manifestations d’un éclatement ou d’une pluralité interne des œuvres. Multiplication des fils narratifs ou des points de vue, dispersion du statut de héros à des communautés de personnages, investissement de la matérialité des livres, foisonnement énonciatif : les tentatives d’expulsion de l’unité (discursive, actantielle, textuelle) de l’œuvre narrative sont d’emblée saisies comme un trait de l’écriture, comme un processus contribuant à la modalisation de la représentation qu’elle propose. Cet article établit le cadre épistémologique de cette notion, de façon à en baliser par la suite les principales orientations poétiques. 

Raphaël Baroni (sur l’énergie)

Cette entrée vise à clarifier la notion polysémique d’intrigue. À une approche formaliste concevant l’intrigue comme une mise en forme de l’histoire centrée sur l’acte configurant d’un auteur et sur la structure textuelle, s’oppose une approche fonctionnaliste fondée sur l’expérience d’un interprète qui progresse dans le texte. Dans ce cadre, l’intrigue devient une mécanique dépendant d’un transfert d’énergie : les potentialités de l’histoire sont converties en une cinétique de la lecture. L’exemple d’une œuvre limite dans laquelle cette énergie se déploie en l’absence d’une histoire sert d’illustration au propos.

Jérôme David (sur l’engagement ontologique

  1. Est littérature tout ce que l’on déclare tel avec quelque motif.

  2. L’imagination radicale institue le monde.

  3. La littérature se compose d’œuvres.

  4. L’engagement ontologique est ce qu’une œuvre dit qu’il y a.

  5. Un engagement ontologique appelle un assentiment.

  6. Figure-toi toi-même. 

Emmanuel Bouju (sur l’épimodernisme

Parce que le contemporain n’a pas de suite, pas de futur établi (contrairement à toutes les autres époques définies rétroactivement), il est toujours difficile de lui donner un nom : la solution du « post » a longtemps prévalu, permettant d’oublier qu’il puisse avoir lui-même un « après ». Désormais, plutôt que de parler de « post-post-modernité » comme certains le proposent, je suggère d’évoquer par « épimodernisme » l’hypothèse d’un dépassement contemporain du postmodernisme, en réglant sa signification possible sur les six valeurs distinctes et complémentaires du préfixe « épi » : contact de surface, origine, extension, durée, autorité, finalité. Six valeurs possibles du préfixe, correspondant à autant de réinterprétations des six valeurs qu’Italo Calvino avait proposées lors des « leçons américaines », juste avant de mourir (Légèreté, Vitesse, Exactitude, Visibilité, Multiplicité, Consistency – cette dernière étant restée lettre morte). Six valeurs que j’appelle : Superficialité, Secret, Énergie, Accélération, Crédit et Esprit de suite. 

John Hamilton (sur l’esthétique noétique

Seuls les hommes de génie, comme le Gambara de la nouvelle éponyme d’Honoré de Balzac, sont à même d’entendre l’idée dans sa vérité « nue », non dissimulée, aléthique, car « eux seuls ont la puissance de la développer ». Cette puissance est liée au pouvoir et à la potentialité de l’illumination musicale, une révélation d’ordre épiphanique qui souffre invariablement de sa chute dans la matérialité sensible, tout comme Gambara lui-même souffre de se retrouver dans un monde situé de ce côté-ci du fossé métaphysique. Pour Gambara, l’adhésion obstinée à l’Idée constitue la cause de son délire. Et cette impasse de Gambara se trouve de fait au cœur même de l’esthétique balzacienne — comme exemple d’une esthétique noétique, dont la littérature seule est capable. 

Peter Szendy (sur le fiduciaire

Plus encore que le syntagme français « sans doute », l’expression anglaise équivalente, no doubt, signifie son propre contraire : la certitude de l’absence de doute s’y renverse en une probabilité incertaine et vice versa. Cet étrange syntagme sert de fil conducteur à une traversée du roman d’Herman Melville, The Confidence-Man, où la question de la croyance et de la foi, c’est-à-dire du crédit et du fiduciaire, s’inscrit au cœur de la lecture elle-même. 

Joseph Jurt (sur la génétique sociale

Lucien Goldmann a défini son approche « structuraliste-génétique » par le fait que le véritable sujet de la création littéraire est pour lui le groupe social qui élabore les éléments d’une vision du monde, conditionnée par une situation politico-économique donnée et atteignant toute sa cohésion dans les grandes œuvres culturelles. Si Bourdieu s’est réclamé également d’un « structuralisme génétique », on ne peut pas selon lui expliquer la genèse des œuvres à partir des structures de la société globale, mais à travers le concept d’un champ (littéraire ou artistique) qui est le produit d’un processus d’autonomisation (relative). L’article revient sur ces deux acceptions possibles de la « génétique sociale ». 

Anne Emmanuelle Berger (sur le genre)

Qu’arrive-t-il aux études littéraires et par celles-ci lorsqu’on y introduit la question dite du « genre » aujourd’hui, autrement dit, celle du traitement différencié des femmes et des hommes dans l’histoire, les sociétés, les institutions, les discours et les textes, et, plus largement, celle de la distinction féminin-masculin ? Cet essai ne se contente pas de souligner l’apport scientifique et la portée philosophique de l’approche « de genre » développée depuis une quarantaine d’années dans le champ littéraire (interrogation des présupposés de l’histoire littéraire et transformation en cours de son récit ; ouverture de pistes de lecture et de chantiers de réflexion qui renouvellent la compréhension des œuvres). Il tente aussi de faire valoir ce qu’une certaine « pensée de la littérature », comme attention au travail de la langue et des langues, apporte aux études de genre. Pour ce faire, il traite le « genre » lui-même, non pas seulement comme une catégorie et un outil d’analyse, mais aussi comme un morceau d’idiome au destin singulier et différencié selon les langues qui l’accueillent.

Bertrand Gervais (sur l’illittéraire)

Cet article explore les « pratiques illitéraires », notion établie à la suite d’une lecture de l’essai Uncreative Writing de Kenneth Goldsmith (2011). Le point de départ en est une description des effets du copier/coller sur nos pratiques d’écriture. Les collages ainsi produits sont associés à la pratique du remix qui est présente en musique et dans les arts depuis plus de quarante ans. Qui dit collage dit aussi la possibilité de plagiat, et les pratiques textuelles contemporaines flirtent allègrement avec ce délit créatif. À partir d’un ensemble d’exemples français, québécois et américains, réunis parce qu’ils proposent tous une intertextualité systématique ostentatoire, version littéraire du remix, j’étudie ces pratiques illitéraires qui viennent buter contre les conventions littéraires et qui conduisent à une renouvellement de l’écriture. Les pratiques illitéraires sont dites illégitimes, illégales, illisibles, illettristes, illimitables, illustratives, voire illogiques. Sont-elles cependant illusoires ? Correspondent-elles à un nouvel état des lettres ou à un simple feu de paille ? Reposent-elles sur du sérieux ou représentent-elles l’incarnation d’une énième avant-garde tout aussi éphémère que les précédentes ? Il est évidemment trop tôt pour le savoir, mais il convient de les examiner dès maintenant, afin de comprendre de quelle façon elles transforment nos habitudes textuelles.

Jean-Marie Schaeffer (sur l’immersion)

Depuis une trentaine d’années, la notion d’« immersion » est beaucoup utilisée dans les études littéraires. C’est même devenu une notion passe-partout : rarement définie, elle est utilisée pour décrire des processus multiples qu’il semble difficile de subsumer sous une définition unique. Cette situation tient au fait que la notion est rarement analysée en tant que telle : la plupart du temps, elle est vue dans le cadre de notions connexes diverses, comme la « fiction », la « simulation », le « récit », l’« illusion », etc. Ceci donne lieu à des quiproquos. On conviendra qu’entre la définition la plus restrictive — l’immersion comme mode de réception des récits de fiction — et la définition la plus vaste — l’immersion comme absorbement dans une réalité quelconque —, la distance est très grande, trop grande sans doute pour qu’on puisse les inclure dans une même définition. Il convient donc de reprendre la question à nouveaux frais — ce que je propose de faire ici, en me limitant pour des raisons de place à la question de l’immersion mimétique (et la sous-question de l’immersion fictionnelle) dans le champ des arts.

Jean-Louis Jeannelle (sur l’inadaptation

À quelles conditions peut-on parler d’une authentique histoire partagée ou cohistoire entre littérature et cinéma ? Là où d’ordinaire on valorise la figure centrale de l’écrivain-cinéaste, nous défendons l’étude des processus d’adaptabilité. Autrement dit d’une dynamique complexe, d’ordre à la fois commercial, scénaristique et critique, mais surtout continue, où l’abandon de projets ne se réduit pas à un échec, mais favorise au contraire la relance du processus. À l’intersection de la littérature et du cinéma se trouve donc un vaste champ d’inadaptations, textes de formes variées ne relevant ni directement de la première (faute qu’un scénario dispose de la consistance opérale exigée d’une œuvre littéraire) ni directement du cinéma (puisqu’un film n’existe, en tant qu’œuvre, qu’une fois fixé en images et projeté sur un écran). Pour des raisons où se mêlent protection des droits et discrétion vis-à-vis des projets abandonnés, cet entre-deux d’une extraordinaire productivité nous reste le plus souvent inaccessible : l’exemple des inadaptations successives de La condition humaine donne, néanmoins, une certaine idée de son ampleur et de son intérêt. 

Myriam Suchet (sur l’indiscipline)

L’indiscipline relève de la famille des recherche-actions, recherche-créations et autres démarches d’enquête menées par des personnes souvent multiples et préoccupées des inflexions productivistes de l’institution universiterre. Plutôt que de remembrer les disciplines existantes, elle se situe en amont de leur distinction, aussi bien que des partitions binaires du type fondamental/appliqué, dur/mou, savant/profane, etc. Comment faire entrer l’indiscipline dans un lexique sans la définir ? Comment la définir sans la faire disparaître ? L’enjeu est de mettre en œuvre ce dont il est question pour ne pas contredire la démarche en en parlant de l’extérieur. In situ, cette tentative élaborée en complicité avec les éditeurs et les graphistes prend la forme d’un texte-montage qui joue de la page pour l’activer comme une interface relationnelle dont les marges, les graphies, les encarts de texte sont autant d’occasions de polyphonies, de rapports, de (ré)embrayages de la réflexion académique — et d’accueil pour les transformations suscitées par ces connexions. Au fond, il s’agit moins d’une entrée supplémentaire que d’une invitation à naviguer dans ce volume collectif au gré d’une lecture délinéarisée, étoilée, à sauts et à gambades, pour mieux s’en laisser affecter.

Yolaine Parisot (sur l’intersectionnalité)

Inscrire le concept d’intersectionnalité dans le vocabulaire de l’analyse littéraire conduit nécessairement à interroger, d’un point de vue méthodologique, la capacité du discours théorique qui prend la littérature pour objet à emprunter aux sciences sociales leurs outils et postures. Mais pas seulement : l’intersectionnalité, inventée par la juriste Kimberlé Crenshaw pour penser l’articulation des rapports de domination liés aux catégories du genre, de la race et de la classe, a de fait une vie littéraire antérieure à sa conceptualisation et traversant les langues, qu’on ne saurait donc réduire à la simple illustration ou à l’exemplarité des fictions de passing, ni même à la politique de la fiction moderne. L’intuition est que l’on pourrait nommer utilement intersectionnalité la modalité réflexive par laquelle la fiction sonderait conjointement ses pouvoirs de réparation, de contradiction et d’imagination.

Marie-Jeanne Zenetti (sur la lecture située)

Comment théoriser une lecture littéraire qui échappe à l’alternative entre subjectivisme radical et neutralité modèle ? Dans un contexte historique où le modèle de l’écriture engagée tel qu’il dominait après-guerre paraît révolu, où le paradigme de l’autonomie de la littérature qui lui a succédé, avec les lectures esthètes ou « dégagées » qu’il promeut, semble à son tour sur le déclin, peut-on poursuivre en l’actualisant le projet sartrien d’une critique littéraire « située et situante » ? Les épistémologies féministes et la théorie des savoirs situés (Donna Haraway) invitent à définir une manière de lire qui, sans chercher à gommer les contraintes qui pèsent sur toute lecture, travaille à objectiver ce que ces contraintes peuvent ou non faire apparaître dans un texte. Cette lecture située, ni dégagée de la position depuis laquelle elle s’énonce, ni identifiée à celle-ci, s’efforce de « répondre de ce que nous avons appris à voir », mais aussi de ce que nous avons appris à lire. Elle prend pour cela en compte ce qui, dans les textes de littérature, dans nos manières de les lire et de les partager, nous engage dans le monde.

Vincent Ferré (sur le médiévalisme)

La réception du Moyen Âge, dans ses versants érudit (études littéraires) et créatif (fictions néomédiévales), connaît un développement remarquable depuis trente ans, dans un contexte de valorisation générale de la mémoire, et du Moyen Âge en particulier, perçu comme l’autre de la modernité. Fondamentalement, le médiévalisme invite à une réflexion d’ordre méthodologique et disciplinaire, au sein des études littéraires ainsi que dans la sphère des sciences humaines. 

Oana Panaïté (sur la mondialité)

Dire le monde en littérature, c’est concevoir l’espace qui nous entoure et que nous tentons de contenir en nous. On prend sur soi le devoir de l’organiser, non seulement de le dire mais d’en dire quelque chose, quelque chose de définitif, peut-être même d’éternel ou, à défaut, de mémorable. On en fait, littérairement, un globe, un univers ou une planète. Envisager le monde dans sa globalité en tant que déploiement d’espace à arpenter, à saisir, à conquérir, c’est le percevoir comme une géographie maîtrisable, à notre portée, tour à tour invitation, défi, péril et interdit. Voir le monde comme un univers, c’est le subsumer par la pensée afin d’en dériver une connaissance qui nous facilite sa possession ou notre survie ; transformer un entassement obscur de choses en une série cohérente d’objets. Faire du monde une planète, étymologiquement un lieu d’errance, c’est lâcher prise, relâcher le rets dans lequel on pense avoir harponné l’imparable menace du monde et choisir d’en soigner les blessures, acceptant par là même sa vulnérabilité et la nôtre. Le globe pose un dit, l’univers cultive une diction, la planète anime un dire. 

Gisèle Sapiro (sur l’opérateur axiologique)

Le concept d’opérateurs axiologiques désigne les catégories éthiques de l’entendement scolastique qui confèrent aux systèmes d’oppositions culturelles leur sens. Elles fonctionnent comme des synecdoques de séries d’oppositions dont les opérateurs axiologiques sont l’un des termes, positif ou négatif, à l’instar des notions de « civilisation », de « liberté », ou de « désintéressement ». Leur efficacité sociale tient dans leur capacité à réaliser l’unification symbolique de systèmes de classement ou de types de hiérarchies hétérogènes, dans l’ordre des valeurs et dans l’ordre institutionnel, suivant une logique floue. Objets de controverses savantes et de polémiques au sein du débat lettré, ces opérateurs sont moins repérables dans les œuvres littéraires où ils prennent des formes incarnées. Reconstruire les systèmes d’opposition qui structurent le récit, le poème ou la pièce de théâtre et qui renvoient à la vision du monde sous-jacente, permet néanmoins de les détecter. C’est ce que viennent illustrer, à propos de la notion de désintéressement, les trois exemples analysés : Madame Bovary de Gustave Flaubert, Les déracinés de Maurice Barrès, et Les caves du Vatican d’André Gide.

Dominique Rabaté (sur la plainte

Cet article présente une « idée de recherche » portant sur la plainte telle que la littérature permet de la dire, de la recevoir. C’est moins l’indicible qui est l’objet de cette problématisation que l’inaudible. Je prends l’exemple d’Hécube, pour montrer comment la parole humaine s’articule à la supplique, et comment Euripide fait entendre l’inconsolable. Dessinant le champ d’une enquête pluridisciplinaire, je souligne la capacité qu’a la littérature à nous rendre attentifs aux souffrances individuelles, aux désarrois muets. 

Françoise Lavocat (sur les populations fictionnelles)

Dans ce chapitre, l’auteure plaide pour une approche renouvelée du personnage, en proposant de l’aborder au pluriel, comme ensemble et même comme population, que ce soit dans une œuvre singulière, dans une collection de textes, dans un genre ou une période donnée. Elle fait l’hypothèse selon laquelle cette appréhension des personnages modifie profondément la connaissance que nous avons des œuvres de fiction et même de l’histoire littéraire. La généalogie de ce genre d’approche réside dans les théories de la fiction, mais aussi dans des usages qui ont jusqu’ici peu attiré l’attention : les dictionnaires de personnages, qui existent depuis le XIXe siècle, les listes qui prolifèrent actuellement sur internet, surtout à propos des genres de la fantasy. Elle analyse ces différentes pratiques et expose ensuite la méthode, mais aussi les bénéfices théoriques et les enjeux politiques d’une étude démographique des populations fictionnelles. 

Hélène Machinal (sur le posthumain)

Le terme « posthumain » est apparu en critique littéraire depuis quelques décennies, mais il implique une réflexion bien plus vaste et ses origines nous ramènent aux débuts de la cybernétique, ce qui renvoie à un contexte culturel spécifique qui marque aussi possiblement un changement de paradigme. Pour appréhender les enjeux liés au posthumain, il nous faut également évoquer la philosophie, puisque de nombreux philosophes ont contribué à développer la réflexion autour du posthumanisme, en se fondant sur un dépassement de l’humanisme qui repose sur une approche anthropocentrée. Il se situe à l’opposé du transhumanisme dont l’idéologie est dénoncée dans les fictions ancrées dans le posthumanisme critique. Les figures du posthumain apparaissent dans de nombreux objets culturels récents et elles permettent d’interroger l’identité humaine dans le cadre de la troisième révolution industrielle, celle des biotechnologies, du numérique et de la culture de l’écran.

Alexandra Saemmer (sur le prisme)

Je donne dans cette note la primauté au « prisme » dans la démarche interprétative, considérant que celui-ci conditionne ce qui peut être perçu et interprété dans une œuvre. Pour en faire la démonstration, je me penche sur un corpus de littérature numérique : choix qui ne relève pas du hasard dans la mesure où beaucoup d’œuvres numériques, qu’elles soient hypertextuelles, animées ou participatives, matérialisent littéralement l’action du prisme interprétatif de par leur structure modulable et instable — l’exemple le plus emblématique étant le genre émergent du « profil de fiction » sur les réseaux sociaux, qui ne peut être accédé qu’à travers le prisme d’un profil que le lecteur crée sur la plateforme. La démarche interprétative que je propose s’intéresse aux caractéristiques matérielles des œuvres en empruntant aux théories de l’intermédialité, mais les considère comme inaccessibles telles quelles, car toujours médiées par des filtres interprétatifs : les savoirs, dispositions sociales et psychologiques du sujet qui les perçoit et les interprète comme signifiantes. L’objectif est alors non plus seulement de produire une interprétation de l’œuvre, mais d’analyser les conditions de construction de cette interprétation qui la situent, inexorablement. 

Philippe Forest (sur la reprise)

Que la littérature, liée à la vie dont elle vient et à laquelle elle revient, soit une épreuve du vertige à la faveur de laquelle se défont toutes les fausses certitudes qui gouvernent nos existences, qu’elle soit tournée vers une vérité qui ne lui appartient pas en propre et qu’elle ne postule d’ailleurs qu’à la façon d’un horizon dont elle sait mélancoliquement qu’il lui reste inaccessible, qu’elle constitue une parole qui ne se soustrait à l’éthique que pour donner à ce mot un sens second et par lequel elle se lie à la seule loi de l’amour, voilà ce que nous dit Søren Kierkegaard – ou du moins ce que j’ai cru comprendre à ce que j’ai lu de lui. 

Ben Hutchinson (sur le style tardif)

L’intérêt contemporain pour les formes du tardif (lateness) reflète sans doute le vieillissement de la génération du baby-boom. Mais il traduit aussi la tendance sempiternelle à considérer le style tardif comme quelque chose d’analogue à une version artistique du sublime. Le discours habituel reste remarquablement constant : blessé mortellement mais inspiré esthétiquement, le styliste tardif s’enrage contre la lumière qui se meurt avec tout le pathos plaintif d’un chant du cygne. Or, l’entreprise la plus importante du domaine des études tardives telles qu’elles ont émergé au cours des quinze dernières années est de briser ce mythe universalisant du style tardif — de montrer, en effet, qu’il n’y a pas un style tardif, mais des styles tardifs, innombrables : une pluralité de cadres créatifs et critiques. Entre le tardif, le style tardif, et la « vieillesse du monde », cet essai se propose d’esquisser cette pluralité. 

Gwenaëlle Aubry (sur la survie)

Je cherche ici à comprendre/décrire ce qui, dans la forme même du roman, est instrument de survie — à la fois d’une vie en excès et d’une vie qui perdure par-delà ce qui la menace ou la rompt. Comment le roman intègre-t-il ces instants de faille ou de foudre que dit la poésie ? Comment le prorsus, l’en avant de la prose, transforme-t-il la sidération en mouvement, l’intensité statique en intensité dynamique ? Comment ressaisir, à même son corps propre, l’expérience de la désappropriation ? Comment revenir, et même si c’est long, et même si on ne sait pas d’où ? 

Thomas Pavel (sur la temporalité littéraire)

Après avoir considéré les théories d’Edmund Husserl, Gérard Genette et Paul Ricœur concernant les rapports entre temps et fiction littéraire, l’article examine les rapports entre l’intrigue d’une œuvre littéraire et la mise en valeur de sa temporalité grâce à la portée projective de la lecture, à la distance entre le souci d’agir des personnages et leurs actions, au zoom temporel manœuvré par l’auteur, à la multiplicité épisodique et à la cohésion temporelle de l’ensemble de l’œuvre.

Franc Schuerewegen (sur le texte

On ne sait pas quel objet est un texte, et s’il s’agit d’un objet. La réflexion porte sur les rapports compliqués, souvent conflictuels, que les théoriciens imaginent, en critique littéraire, entre le « donné » et le « construit ». L’idée retenue est, en gros, qu’un texte est un « construit », mais que si on n’a pas accès aux indications de construction, au mode d’emploi, en fait, on ne va pas bien loin. Non, nous ne parlons pas des meubles IKEA ou autres produits du même genre. Notre problème est de penser le texte comme œuvre, c’est pourquoi l’exemple de la musique vient illustrer le propos. Imaginons le texte littéraire comme une partition. Elle est mode d’emploi et, en même temps, œuvre, si la partition est de Jean-Sébastien Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Thelonious Monk. Mais comment, alors, faire de la musique ? C’est le sujet dont nous traitons.

Hélène Merlin-Kajman (sur la transitionnalité

Je voudrais proposer ici une définition de la littérature qui, d’un côté, fasse droit à des facteurs de continuité inaperçus de son histoire, et de l’autre, au contraire, à une rupture historique récente que les critiques actuels oublient. Roland Barthes écrivait : « Je pense qu’il faut lire dans le désir du texte futur ; lire le texte du passé dans une visée nihiliste ; en quelque sorte, dans ce qu’il n’est pas encore. »11 Nous pourrions simplement corriger et dire : non pas « lire le texte du passé dans une visée nihiliste », mais « lire le texte du passé dans une visée transitionnelle », c’est-à-dire faire crédit à tout ce qui indique sa disponibilité temporelle (témoin de la trame et de la chaîne de l’histoire, la littérature documente le temps), son potentiel relationnel, son ouverture. Donner toute sa chance au playing, en somme : parce qu’il fait bouger le texte – et le lecteur. Et le « public », à terme.

Tiphaine Samoyault (sur la vie

Tantôt on oppose à la littérature « la vraie vie », tantôt la vraie vie, « la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature ». Rien de moins théorique a priori que la « vie ». Mais un tournant sémantique s’est opéré où l’on est passé du terme de vie pensée comme vie de quelqu’un au concept de vie sans complément de nom. Sous l’influence de la philosophie et de l’éthique, la littérature est devenue un espace privilégié pour penser la vie, à la fois parce qu’elle se présente comme une réserve pour la sagesse pratique et parce qu’elle cherche à lui donner un sens ; en retour, la théorie littéraire peut en faire, outre un concept poétique (la vie comme genre littéraire), le concept de la puissance et de la mémoire des œuvres (vie, survie, organicité des œuvres dans le temps), et un concept visant à déterminer la portée éthique et la relation de la littérature aux espaces et à l’exercice du vivant. 

On l’aura compris, à la lecture de ces trailers d’un genre particulier : cet ouvrage est bien autre chose, disais-je, qu’un dictionnaire, un glossaire ou même un lexique ordinaire. C’est une petite collection de fragments d’un discours théorique, non pétri de certitudes, mais de potentialités. Plus que des notions et leurs définitions, cette collection rassemble des valeurs de pensée, des paris maïeutiques et des incitations nouvelles à la lecture vive et évolutive de la littérature.

Chapitre suivant : Autothéorie, Joëlle Papillon


BIBLIOGRAPHIE

Agamben, Giorgio, Signatura rerum. Sur la méthode, trad. de l’italien par Joël Gayraud, Paris, Vrin (Bibliothèque des textes philosophiques), 2008.

Angenot, Marc, Glossaire pratique de la critique contemporaine, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 1979.

Barthes, Roland, « L’image », dans Œuvres complètes, t. 5, Paris, Éditions du Seuil, 2002, p. 512-522.

Barthes, Roland, « Roland Barthes critique », dans Œuvres complètes, t. 3, Paris, Éditions du Seuil, 2002, p. 988-991.

Benjamin, Walter, Sens unique, précédé d’Une enfance berlinoise et suivi de Paysages urbains, trad. de l’allemand par Jean Lacoste, Paris, Maurice Nadeau, 2007.

Debord, Guy, Mémoires. Structures portantes d’Asger Jorn, Paris, Les Belles Lettres, [1959] 1993.

Foucault, Michel, « Polémique, politique et problématisations », dans Dits et écrits 2. 1976-1988, Paris, Gallimard (Quarto), [1984] 2001, p. 1410-1417.

Jefferson, Ann, Biography and the Question of Literature in France, Oxford, Oxford University Press, 2007.

Kraus, Karl, Aphorismes, trad. de l’allemand par Roger Lewinter, Paris, Éditions Mille et une nuits (La petite collection, n° 198), 1998.

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